Après un échange avec 300 élus et responsables d’associations de sa circonscription courant septembre 2026, la députée Poussier-Winsback fait le point avant la rentrée parlementaire et à l’approche de la présidentielle. En première ligne : la situation économique.

C’est devant 300 personnes, invitées à la salle de Goderville, La Ficelle, que Marie-Agnès Poussier-Winsback, députée de la 9e circonscription de Seine-Maritime (Horizons et indépendants), a effectué une rentrée politique. Face à elle, des élus et des présidents d’associations. Entre discours d’une vingtaine de minutes et questions-réponses. Une première étape avant la reprise du Parlement et avec en toile de fond l’élection présidentielle. Parmi les sujets abordés par les élus locaux et le tissu associatif, « énormément de questions sur l’éducation. Un peu sur les collectivités, mais j’aurais pensé beaucoup plus. J’ai été surprise. Ça a surtout été sur l’angle économique. Aussi la laïcité dans notre pays ».

Normes et référendum

Sans oublier, l’excès de normes. « On en est tous un peu responsables. C’est vrai qu’il y a de plus en plus de normes. Mais dès qu’il se passe quelque chose, on veut une norme. » La Fécampoise ajoute qu’« on voit bien qu’on sclérose dans tous les domaines. Je pense que c’est vraiment des débats qu’on va devoir avoir pendant les présidentielles ».

À l’échelle nationale, le dialogue n’est pas toujours aisé. « Sur les arrêts de travail, tout le monde est d’accord pour dire qu’il y a des abus et dès qu’un candidat le dit – en l’espèce Edouard Philippe – il se fait taper dessus. Donc qu’est-ce qu’on veut ? Je pense assez utile, dans les perspectives de la présidentielle, de se dire que, oui sans doute, il faudra faire appel au référendum pour bien acter. » D’autant que « dans notre pays, vous ne votez pas pour quelqu’un, mais contre quelqu’un d’autre ».

Passer le cap du Budget 2027

Autre sujet de discussions, et de tensions, dans l’effort collectif : « pourquoi ne taxerait-on pas les retraités si on taxe tous les autres ? Est-ce qu’il est normal, qu’aujourd’hui, on nous dise qu’on taxe seulement les gens qui travaillent ? Non. Quand il y a un effort général, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas s’intéresser aux retraités », mentionne la députée auprès de Paris Normandie, rebondissant ainsi sur les propositions gouvernementales pour franchir le cap du Budget 2027.

« J’attends vraiment qu’on soit en capacité d’expliquer réellement la situation(économique nationale, Ndlr) telle qu’elle est. Je vais y mettre toute mon énergie, martèle l’ancienne enseignante en sciences économiques. Ça ne me fait jamais plaisir de dire qu’on va droit dans le mur, si on ne fait rien. » Pour elle, une erreur a été commise pendant le Covid : « ne pas avoir dit qu’on aide quoi qu’il en coûte, mais qu’il faudra rembourser derrière évidemment ».

Le vote du Budget sera le gros enjeu au parlement. Dans quelle ambiance à quelques semaines de la présidentielle ? Les désaccords seront sur le fond. Quant à la forme ? « Je pense que chacun va essayer de montrer qu’il est responsable, qu’il est capable de gouverner. » Malgré les fortes tensions entre les partis, notamment entre le Rassemblement national et La France insoumise.


Par Matthias Chaventré, le 23 septembre 2026