Le 28 avril 2026, à la suite de la cyberattaque qui a touché l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) et exposé les données personnelles de 11,7 millions d’usagers, j’ai posé une nouvelle question orale sans débat (QOSD) au ministre de l’Intérieur. Cette interpellation, la quatrième en moins d’un an, a été reprise par la presse: Paris Normandie, Le Courrier Cauchois, La Revue du Digital.
L’incident détecté par l’ANTS le 15 avril 2026 a entraîné la divulgation de données personnelles d’usagers : nom, prénom, date de naissance, adresse électronique. Selon le ministère de l’Intérieur, 11,7 millions de comptes seraient concernés. L’information a été rendue publique cinq jours après la détection, alors que les données auraient été mises en vente sur le dark web dès le 16 avril.
Cet incident s’inscrit dans une série de violations majeures qui touche les systèmes d’information de l’État depuis le début de l’année 2026 : FICOBA en janvier (1,2 million de comptes bancaires), Cegedim Santé en février (environ 15 millions de patients), ÉduConnect le 14 avril (3,5 millions d’élèves), puis l’ANTS le 20 avril.
J’alerte le gouvernement sur le risque d’usurpation d’identité depuis juin 2025. J’ai déjà interpelé l’exécutif à trois reprises sur ce sujet : par une QOSD au ministre de l’Intérieur le 10 juin 2025, par une seconde QOSD le 27 janvier 2026, puis par une question au gouvernement (QAG) au Premier ministre le 11 février 2026. Le 28 avril 2026, j’ai interpelé de nouveau le ministre de l’Intérieur pour savoir ce qui a concrètement changé depuis février, en particulier en matière de protection et d’accompagnement des victimes.
La cyberattaque contre l’ANTS confirme ce que je dis depuis un an : les données d’identité des Français ne sont pas suffisamment protégées, et quand elles fuient, les victimes se retrouvent seules face à un système administratif cloisonné. Notifier la CNIL après chaque attaque ne suffit pas. Il faut une réponse systémique : un diagnostic interministériel, une coordination effective entre les administrations, et de vraies protections pour les victimes, comme par exemple un mécanisme de suspension des procédures de recouvrement à l’encontre des victimes avérées, le temps de la procédure.

