Après la cyberattaque ayant visé la Direction générale des finances publiques, dont les premières estimations font état de près de 678 000 contribuables potentiellement exposés, j’ai demandé au Gouvernement d’accélérer la sécurisation des systèmes de l’État. Sur ce dossier, l’heure n’est plus aux diagnostics, mais aux actes.
L’intrusion remonterait au 26 juin, soit 48 jours avant que l’attaque ne soit revendiquée sur un forum cybercriminel. Ce délai entre l’intrusion et l’annonce officielle n’est pas acceptable : les citoyens confient à l’État leurs revenus, leur situation familiale et leurs coordonnées bancaires, et ils ont le droit de savoir ce que fait concrètement l’État pour les protéger. Cette attaque reprend un mode opératoire déjà observé, fondé sur l’utilisation des identifiants d’un agent habilité. Une parade existe, la généralisation de l’authentification multifacteur pour les administrateurs, mais son échéance, fixée à fin 2026, est aujourd’hui trop lointaine.
Ma préoccupation porte aussi sur les suites de ces fuites : les données dérobées peuvent alimenter des campagnes d’hameçonnage ciblées et faciliter les usurpations d’identité. Depuis juin 2025, j’alerte sur ce continuum : les cyberattaques produisent les fuites, les fuites fournissent la matière première de l’usurpation d’identité et les victimes se retrouvent seules, parfois pendant des années, face à un système administratif cloisonné. C’est pourquoi je réclame une mission gouvernementale dotée de vrais moyens, ainsi que la transposition immédiate de la directive européenne NIS2 destinée à renforcer notre cybersécurité.
Le Courrier Cauchois a consacré un article à cette prise de position. Retrouvez-le ici :

