J’ai interrogé Monsieur Rodolphe Saadé, Président-directeur général du groupe CMA CGM, sur les défis majeurs de la décarbonation du transport maritime français et la préservation de notre souveraineté industrielle.
Une filière stratégique pour les échanges mondiaux
Assurant entre 80 et 90 % des échanges mondiaux de marchandises, le transport maritime est le pilier de notre économie globale. Cependant, il représente également environ 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Réussir sa transition écologique est donc impératif, d’autant que notre souveraineté industrielle se trouve dans un contexte de concurrence exacerbée, notamment face à des pays tels que la Chine et les États-Unis.
Des signaux encourageants et des innovations de rupture
La dynamique est déjà en marche. Au Havre, l’inauguration du CMA CGM Notre Dame illustre l’objectif zéro carbone pour 2050. Ce fleuron de la flotte française combine propulsion au GNL et intelligence artificielle. Le succès du GNL est d’ailleurs indéniable puisque la flotte mondiale est passée de 3 navires en 2005 à plus de 460 aujourd’hui. En parallèle, d’autres solutions prometteuses émergent, à l’image de la propulsion vélique que nous soutenons activement.
Des freins structurels à lever pour un véritable passage à l’échelle
Malgré ces avancées, la transition se heurte à des obstacles techniques et à un manque criant d’infrastructures portuaires adaptées. L’aide de 70 millions d’euros de l’État est un bon signal, mais les armateurs ont avant tout besoin de visibilité et d’aides stables pour engager ces investissements lourds. J’ai donc demandé aux dirigeants du groupe leur diagnostic sur cette situation afin de déterminer les leviers prioritaires à actionner ensemble pour accélérer cette transition indispensable.
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