Dans le cadre des travaux de la Commission des affaires économiques sur l’avenir de nos filières agricoles, je suis intervenue lors de l’audition de Philippe Bizien, Président, et Anne Richard, Directrice, de l’Interprofession nationale porcine (Inaporc).

J’ai d’abord rappelé que la filière porcine française constitue un pilier de notre souveraineté alimentaire. Le porc est, à égalité avec la volaille, la viande la plus consommée en France, et notre pays se positionne comme le troisième producteur européen, derrière l’Espagne et l’Allemagne. Ce sont 130 000 emplois directs et indirects, 10 000 élevages et 22 300 entreprises qui font vivre ce secteur, très majoritairement structuré autour de fermes familiales réunies au sein de coopératives agricoles, lesquelles assurent 90 % de la production nationale. La filière porcine est également un patrimoine culturel et gastronomique exceptionnel, avec plus de 450 recettes de charcuterie qui font de la France le pays proposant le plus grand nombre de spécialités régionales au monde.

J’ai ensuite souligné que 2026 s’annonce comme une année charnière, dans un contexte préoccupant. À court terme, les signaux sont alarmants : les prix du porc ont chuté de 11 % depuis 2024, entraînant des pertes de 20 à 25 euros par animal, tandis que la filière charcutière est en baisse et que les taxes chinoises fluctuantes ainsi que la fièvre porcine en Espagne fragilisent un équilibre déjà précaire. Ces actualités ne doivent toutefois pas occulter les défis structurels : la filière vieillit, avec un tiers du cheptel détenu par des éleveurs de plus de 55 ans et une relève qui tarde, dans un contexte de lourdeurs administratives persistantes et de besoins d’investissement considérables pour moderniser les outils de production et réussir la transition écologique. J’ai à ce titre salué le rôle décisif des coopératives agricoles, dont plusieurs participent au comité de pilotage pour l’élaboration d’une méthodologie bas carbone spécifique à la filière.

J’ai ainsi interrogé les représentants d’Inaporc sur trois points : leur appréciation de l’efficacité des dispositifs prévus par la loi d’orientation agricole du 24 mars 2025 (diagnostic modulaire d’ici 2026, guichet France Services Agriculture d’ici 2027, aide au passage de relais avant la retraite) ; l’état d’avancement du diagnostic de transmissibilité des élevages annoncé par Inaporc en juin 2024 ; et les attentes concrètes de la filière, dans la perspective du futur projet de loi d’urgence agricole, en matière de simplification réglementaire, d’installation de nouveaux éleveurs et de transition écologique.

Retrouvez la retranscription et l’extrait ici !

https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/deputes/PA795270