Dans le cadre des travaux de la Commission des affaires économiques sur la souveraineté alimentaire, je suis intervenue lors de l’audition de Laurent Grandin, Président d’Interfel, l’interprofession des fruits et légumes frais.
J’ai d’abord rappelé que la souveraineté alimentaire ne se gagne pas seulement en produisant plus, mais aussi en perdant moins. L’étude menée par Interfel et FranceAgriMer en novembre 2025 révèle que la filière des fruits et légumes fait face à un volume global de 30 % d’écarts de production. Si 18 % sont déjà revalorisés pour l’alimentation, principalement par la transformation (11 %) et le don alimentaire (5 %), il subsiste 12 % de pertes sèches, incluant les produits laissés au champ, compostés ou envoyés en méthanisation. Ce chiffre, stable depuis 2015, interpelle d’autant plus que le taux d’auto-approvisionnement de la France en fruits et légumes se dégrade tendanciellement, et que l’accord UE-Mercosur ravive les inquiétudes sur notre exposition aux importations extra-européennes.
J’ai ensuite souligné que la mobilisation de cette marge de manœuvre constituerait un levier direct de renforcement de notre autonomie alimentaire, sans nécessiter un seul nouvel hectare cultivé ni un investissement supplémentaire en amont de la production. Une partie de la réponse à notre déficit d’auto-approvisionnement réside ainsi moins dans l’extension de notre appareil productif que dans notre capacité à mieux valoriser ce que nous produisons déjà. Derrière ces 12 % se cachent des réalités très différentes : en première mise en marché, les invendus liés aux déséquilibres offre-demande apparaissent comme la principale cause des écarts, devant les non-conformités aux cahiers des charges. Ce sont donc moins des défaillances productives que des défaillances de coordination et de valorisation tout au long de la chaîne.
J’ai ainsi interrogé le Président d’Interfel sur la stratégie concrète déployée par l’interprofession pour transformer ces 12 % de pertes sèches en volumes effectivement commercialisés, et sur le rôle qu’elle pourrait jouer pour mieux coordonner les maillons de la chaîne et éviter que les déséquilibres offre-demande ne se traduisent systématiquement en pertes.
Retrouvez la retranscription et l’extrait ici !

